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26 mai 2007 6 26 /05 /mai /2007 23:23

Source : http://www.futura-sciences.com/fr/sinformer/actualites/news/t/zoologie/d/un-requin-marteau-nait-sans-pere-une-premiere_11908/

Dans un zoo américain, un bébé requin-marteau est apparu à la surprise générale dans un bassin où ne vivait aucun mâle. Il s’agit bien d’une parthénogenèse, affirment les chercheurs, bien qu’on n’ait jamais observé pareil phénomène chez un requin.

 

La naissance remonte à 2001. Dans l’un des grands aquariums du zoo Henry Doorly (Omaha, Nebraska), la naissance d’un requin-marteau Sphyrna tiburo a jeté un émoi qui s’est répandu jusque dans la communauté scientifique car, dans ce bassin, ne se trouvaient, que trois femelles.

Une explication simple était envisageable : les requins femelles disposent d’une spermathèque où elles peuvent stocker les spermatozoïdes d’un mâle, qui serviront plus tard. Mais ces femelles n’avaient rencontré de mâle de leur espèce que trois ans auparavant, dans un autre aquarium. Or, la durée de conservation maximum des spermatozoïdes n’excède pas cinq mois chez Sphyrna tiburo, selon les observations.

Entre-temps, ces femelles ont croisé des mâles, mais d’une autre espèce. Toutefois, ce genre de fécondations entre espèces, exceptionnels chez les requins, laissent des traces sur la femelle, dont étaient exemptes les trois candidates mères.

Il ne restait alors qu’une explication : la parthénogenèse. Ce mode de reproduction asexuée, qui permet à une femelle seule de générer sa descendance, se rencontre chez de nombreuses espèces animales. Beaucoup d’insectes le pratiquent avec régularité (abeilles, fourmis…) et certaines espèces de vertébrés (des poissons, des amphibiens, des reptiles et des oiseaux) s’en servent aussi à l’occasion. Mais jamais, de mémoire de biologiste, on n’avait observé de parthénogenèse chez les requins, tout comme chez les mammifères, d’ailleurs.

Naissance sous XX

Pour en avoir le cœur net, il fallait analyser l’ADN du petit requin-marteau, ce qui est rapidement devenu possible car le malheureux petit sélacien a été tué très jeune par un autre poisson de l’aquarium. Une équipe américano-britannique s’est attelée à la tâche et vient de rendre ses conclusions dans la publication scientifique Biology Letters.

Le résultat semble sans appel : l’une des femelles du bassin est bien la mère du bébé inattendu. Il n’y a aucune trace de chromosome paternel et, précision à destination de nos lecteurs biologistes, il s’agit d’une parthénogenèse de type automictique (qui comprend une méiose).

Hasard du calendrier, le même genre de parthénogenèse vient d’être repéré chez le dragon de Komodo, un grand varan d’Indonésie. Ces exceptions soulèvent beaucoup de questions sur l’intérêt évolutif de ce procédé, qui permettrait au moins aux femelles assurer la reproduction sans mâles quand elles ne parviennent pas à en trouver.

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